Nous avons d’abord rituellement dĂ©battu des motions dĂ©posĂ©es par 2 groupes.
D’abord celle des Verts qui demandait un dĂ©bat “incontournable” sur l’EPR au sein du Conseil Municipal. Auparavant, une suspension de sĂ©ance avait permis au collectif “Sortir du nuclĂ©aire” de s’exprimer sur son opposition au futur EPR de Penly, un plaidoyer qui se voulait pĂ©dagogique pour informer les Ă©lus de la dangerositĂ© et du mauvais choix aussi bien Ă©cologique qu’Ă©conomique du nuclĂ©aire choisie comme Ă©nergie de l’avenir. Certes le dĂ©bat doit avoir lieu sur ce sujet qui engage notre avenir Ă©nergĂ©tique car ce choix se rĂ©vèle dangereux pour les dĂ©cennies Ă venir. Je fais confiance au collectif en question, aux Verts et Ă toutes les associations ou organisations Ă©cologiques pour que ce dĂ©bat ait lieu. Une rĂ©union publique sur le sujet aura d’ailleurs lieu le 27 avril prochain Ă 18h30 au Centre Malraux Ă Rouen et ce n’est ni la 1ère ni la dernière qui soit prĂ©vue. Cependant, il m’a paru inopportun de prendre en otage le conseil municipal pour que ce dĂ©bat ait lieu, celui-ci peut vivre partout en Ă©largissant son audience car tous les Ă©lus et tous les citoyens sont concernĂ©s. Aux formations politiques Ă©galement de s’en emparer, ce qu’elles ont d’ailleurs dĂ©jĂ fait. Je suis donc favorable Ă cette rĂ©flexion de fond mais hors le conseil municipal, car il faudra bien remplacer (et si possible Ă court terme) l’Ă©nergie nuclĂ©aire par des Ă©nergies alternatives et propres. La motion a Ă©tĂ© rejetĂ©e par le PS, les Communistes et moi-mĂŞme, ce qui ne signifie pas que nous refusons le dĂ©bat.
La 2ème motion Ă©tait celle des Ă©lus de la majoritĂ© concernant le MIN de Rouen. Courant avril prochain, un projet de loi amendĂ© sera prĂ©sentĂ© au Parlement visant Ă supprimer les pĂ©rimètres de rĂ©fĂ©rence des MIN, soi-disant pour transcrire en droit français la directive europĂ©enne 2006/123/CE. Or ce texte risque de permettre Ă un opĂ©rateur (grande distribution) de s’installer en concurrence dĂ©loyale par rapport aux entreprises dĂ©jĂ existantes sur le site et qui ont des obligations liĂ©es Ă leur emplacement sur le domaine public (la ville actuellement doit leur donner une autorisation qui rĂ©glemente leur installation sur le pĂ©rimètre). Le Directeur du MIN rouennais, prĂ©sent Ă la sĂ©ance, assure d’ailleurs que cette autorisation permet aux MIN d’ĂŞtre garants de la concurrence. Cette motion a Ă©tĂ© votĂ©e Ă l’unanimitĂ© afin de prĂ©server les entreprises existantes et leurs emplois, ainsi que les circuits courts de distribution agro-alimentaire, dans l’intĂ©rĂŞt des consommateurs et des producteurs.Â
Charte de la Vie nocturne
“Cette charte de la vie nocturne mise en place par l’ancienne municipalitĂ© me paraĂ®t ĂŞtre un bon exercice de la dĂ©mocratie participative, que l’équipe municipale actuelle continue Ă Â instaurer pour le bien de nos concitoyens. Il s’agit d’ailleurs lĂ de la continuitĂ© rĂ©publicaine d’un projet.
Or, aujourd’hui, vous nous soumettez un projet (déjà envoyé alors qu’il n’a pas été voté) qui élargit la commission de la vie nocturne à un représentant de la grande distribution et un représentant des établissements de vente à emporter, c’est-à -dire les épiceries de nuit, 2 représentants que les membres non signataires du CHR ne souhaitent pas voir figurer dans la charte.
Pourquoi ?
On se demande bien pourquoi donner la parole à la grande distribution dans cette commission, étant donné que ses établissements sont fermés avant 22h, donc ils ne sont pas concernés par la vie nocturne, ne faisant pas partie des CHR.
On se demande aussi pourquoi les épiceries de nuit ont droit au chapitre puisque leur vente d’alcool est déjà réglementée par un arrêté qui leur interdit d’en vendre après 22h. Le problème, et c’est là où les autres acteurs professionnels ne sont pas d’accord, c’est que les clients achètent de l’alcool dans les épiceries, le boivent, et vont ensuite finir la soirée dans les bars alors qu’ils sont déjà bien éméchés, ce qui fait que les contrôles positifs se font toujours dans ces établissements et jamais dans les épiceries. Vous me direz que les épiceries peuvent être taxées d’une amende de 11€ en cas de vente illégale d’alcool , mais au regard du prix de vente de la bouteille, ce n’est pas très dissuasif.
Pour toutes ces raisons, je doute fort que ces commerçants de la nuit signent la charte en l’état. Il faut bien le reconnaître, les patrons de bars et établissements de nuit sont des commerçants comme les autres qui ont besoin de gagner leur vie, il faut plutôt les aider à bien fonctionner que les décrier.
Cependant, il est vrai également que la ville doit vivre la nuit. Oui il faut de l’animation la nuit, mais il faut aussi du transport en commun. Vous nous avez dit que le fait d’avoir une ville, un département, une région et une CREA du même bord politique faciliterait les projets communs et l’apport de structures et de subventions. Alors, la municipalité doit peser sur la CREA pour que la TCAR mette en place des transports en commun la nuit, car le dernier TEOR à 23h16 ne permet pas aux citoyens de rentrer chez eux après le spectacle ou leur sortie. D’un point de vue économie d’énergie et service aux habitants, nous n’avons pas avancé sur ce sujet, malgré une pétition que j’ai d’ailleurs signée comme beaucoup d’entre nous.
Ce qui me parait choquant également dans cette charte, c’est que nous n’avons pas de représentants des étudiants, voire des usagers de la ville, la nuit : seulement des professionnels, des élus, des personnalités, des représentants de l’Etat et des associations qualifiées. Où sont les étudiants qui organisent des soirées ? Donnons-leur la parole en les introduisant dans les commissions.
Un autre problème est celui de la coordination des services : lors de manifestations publiques, (dixit les professionnels), il est déjà arrivé que ce service demande d’installer du matériel et que la police municipale demande qu’il soit enlevé car elle n’était pas avertie. Je crois qu’il y a là une amélioration à apporter pour éviter les pertes de temps et d’énergie.
En conclusion, je pense que la vie nocturne mĂ©rite une vraie commission dĂ©cisionnaire active et rĂ©active pour que la ville de Rouen puisse vivre la nuit et non comme on l’entend dire qui se meurt après 20h30.”  Je me suis donc abstenue sur cette dĂ©libĂ©ration prĂ©sentant une charte que l’on peut et que l’on doit amĂ©liorer pour rĂ©pondre aux vĹ“ux de tous les professionnels.