BUDGETÂ :
Mme Jeandet-Mengal, en charge des finances, déclare la ville « au bord du précipice ».
Or, il apparaît que la dotation forfaitaire de l’Etat augmente de 0,48 % , la Dotation de solidarité Urbaine est reconduite pour un même montant, la Dotation Générale de Décentralisation est en hausse de 2%, les Allocations Compensatrices versées par l’Etat (concernant notamment la TP et la TH) s’élèvent à 3,7 M d’€, la CREA apportera une compensation de 17,56 M d’€ au regard du contexte économique difficile, ainsi que la Dotation de Solidarité Communautaire (en hausse d’1 M d’€ ) pour un montant de 4,73 M d’€. Au regard des chiffres qu’on nous présente, je suis satisfaite de voir passer la dotation de solidarité versée par la CREA de 3,72 M d’€ à 4,73 M d’€ , comme promis.Au total, notre budget 2010 présente dans son fonctionnement une augmentation des recettes de 13 M d’€ (+8,5%) et une augmentation des dépenses de seulement 7,8M d’€ (+5,32%), ce qui fait un solde positif de 15,15 M d’€. D’ailleurs on prévoit une épargne de gestion en hausse de 26,34% et une épargne nette de +93,56%. De plus, la ville est en train de renégocier avec les banques certains prêts à la baisse. Nous sommes en droit d’attendre des investissements…. Car une ville qui n’investit pas ne progresse pas et évidemment réduit sa dette.
Ce qui me parait inacceptable (et je l’ai toujours dit), c’est l’augmentation non justifiée de 8% de la Taxe d’Habitation, ce qui placera la ville de Rouen au-dessus de la moyenne des villes de même importance en taux d’imposition (21,33% / habitant pour les autres villes et 21,59% pour Rouen). Cet apport supplémentaire de recette fiscale pour 4,8 M d’€ servira, nous dit-on, à financer exclusivement l’investissement. Mais lequel, ce n’est pas précisé et on ne présente pas non plus de nouveaux grands projets. Les Rouennais ne comprennent pas, et cela dans un contexte difficile où les ménages souffrent de la crise économique et de l’augmentation constante du chômage, ne l’oublions pas. Alors pourquoi une telle hausse des impôts locaux si c’est pour présenter un budget sans grands nouveaux projets structurants, et en affirmant que la ville est en situation plus que critique.
En ce qui concerne l’économie de 630 K€ pour la restauration collective qui va passer en régie publique, je pense qu’il faut moduler ce chiffre à la baisse car il ne faut pas rêver, les repas bio (auxquels je souscris) auront un coût certainement plus élevé que le montant estimé et la revente à d’autres établissements ne se fera peut-être pas de façon aussi certaine qu’espéré, restons donc prudents sur le montant de cette économie annoncée.
Il est prévu un investissement de 236.000€ pour développer l’offre de places en crèches, c’est bien mais largement insuffisant puisque de nombreux jeunes parents préfèrent aller habiter dans les communes de la couronne rouennaise qui leur offrent davantage de services. Sur les Hauts de Rouen, la municipalité a supprimé le projet de crèche Dolto alors qu’elle souhaite favoriser la mixité sociale par des constructions/réhabilitations. Comment ce secteur, où les logements peinent à se vendre par Nexity, peut-il attirer de nouvelles catégories de citoyens si ces services ne suivent pas ? D’autre part, la CAF dispose de fonds dont elle souhaiterait faire davantage bénéficier la ville. Mais si nous ne les sollicitons pas, ces fonds iront dans d’autres communes en Seine Maritime, pour d’autres projets moins urgents peut-être, puisque cet organisme est maintenant régionalisé. Bien sûr 100 places de crèches supplémentaires d’ici 2014, cela paraît important, mais c’est maintenant que nous en avons besoin, car il y a pénurie pour favoriser l’installation de nouveaux jeunes couples sur notre territoire afin de le dynamiser.
J’en viens maintenant à la Maison de l’Etudiant au Hangar 09, et je réitère ce que j’ai dit lors du DOB : il était dit dans le programme Rouen Motivée, je cite « un hangar aujourd’hui désaffecté sera transformé en Maison des étudiants : l’Univers Cité » avec une liste importante de services offerts. En réalité, demain, ce sera une bibliothèque de quartier, une salle de réunion pour les associations, etc, bref un tout petit espace consacré réellement aux étudiants, qui préfèreront rester dans leurs locaux actuels. Ne pourrions-nous pas économiser ici au moins 2,8 M d’€, voire les 5 M d’€ en tout, gâchés actuellement, et qui n’amèneront pas grand-chose de plus aux étudiants qui n’utiliseront pas ces locaux ?
De même pour le guide de l’étudiant, ce n’est que le énième qui va exister, il vaudrait mieux que la ville se rapproche de ceux qui existent actuellement (Le Lauréat de l’Université de Rouen, par exemple), voire même s’associe à d’autres guides étudiants concernant la culture ou la ville comme Le Viking par exemple. La municipalité parle de mutualiser pour diminuer les coûts, voilà une bonne occasion de le mettre en application et cela ne coûterait pas 15.000€.
Pour toutes les raisons énoncées (choix faits, certaines économies réalisées et d’autres qui pourraient l’être, mais pas de grands projets ambitieux) et surtout à cause de l’augmentation de 8% des impôts locaux, j’ai voté contre ce budget.
Â
DENOMINATION DU POLE CULTUREL GRAMMONTÂ :
Nommer la Médiathèque « Simone De Beauvoir », cela aurait été à la hauteur de son talent si le projet avait été poursuivi en l’état. Mais aujourd’hui, au regard de ce que le projet est devenu, je crains que nommer ce piètre pôle culturel Grammont « Simone De Beauvoir » ne soit inadapté à cet écrivain engagée, figure de proue du féminisme et talentueuse. J’aurais préféré que l’on garde son nom pour l’avenir, pour une vraie Médiathèque qui verra le jour dans notre ville centre, je l’espère. Je verrais quelque chose de plus vaste et de plus valorisant pour cette forte personnalité de renommée mondiale.
Â
ECOLE DE LA 2ème CHANCE:
Association loi 1901 créée par Edith Cresson, l’école de la 2ème chance est un projet porteur d’un fort taux de réussite de 70%. Le problème, c’est qu’il concerne les jeunes de 18 à 25 ans sortis du système scolaire depuis 2 ans, donc un public qui concerne la Région avec l’appui du FSE et des entreprises principalement.
Ces écoles relèvent donc de la compétence de la Région et non de la ville qui doit s’occuper des écoles primaires, maternelles, crèches, haltes garderies et centres de loisirs (cela fait déjà beaucoup d’institutions pour une ville qui se plaint de ses finances trop justes). Bien sûr, l’étude sera gratuite, mais la mise en œuvre du projet aura un coût pour la ville.
Le Pédibus, la restauration scolaire, l’entretien des bâtiments concernés (qui ont bien besoin de rénovation pour certains), le matériel pédagogique à renouveler régulièrement, l’équipement des centres de loisirs, la construction de crèches…. N’y a-t-il pas déjà assez de fonds à bien dépenser et les sommes consacrées à ce projet après l’étude de faisabilité ne pourraient-elles être utilisées sur d’autres projets dont la ville a sérieusement besoin ?
Laissons la Région s’occuper de ce qui relève de sa compétence (exigeons-le) et consacrons-nous à ce qui nous concerne directement sans nous éparpiller, « puisque les finances de la ville sont en mauvais état ». J’ai voté l’étude puisqu’elle est financée par l’ACSE et je l’attends avec impatience pour décider de mon vote au moment de sa présentation.
Â
PERSONNELS MUNICIPAUXÂ :
J’ai bien sûr voté les délibérations concernant les avancées sociales, les avancements de grade, et le temps de travail du personnel communal. Mais j’ai cependant attiré l’attention des élus sur la rémunération des agents permanents et non permanents qui travaillent dans nos centres de loisirs. Cette rémunération est en effet située en dessous de celle de leurs collègues des autres villes de la couronne rouennaise, je pense notamment aux villes de Saint Etienne Du Rouvray et de Sotteville Lès Rouen qui pratiquent des tarifs bien supérieurs aux nôtres.
J’ai suggĂ©rĂ© de ne pas les oublier car ils rĂ©alisent un travail remarquable auprès de nos enfants et de nos jeunes, sans compter leur temps le plus souvent Â
Â
ASSOCIATIONSÂ :
Nous avons d’abord voté à l’unanimité une aide d’urgence de la ville concernant le séisme d’Haïti : 8 Associations reconnues recevront chacune 1.000€ de subvention (Action contre la Faim, Croix Rouge Française, Fondation de France, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, Secours Populaire, Secours Catholique et UNICEF). La ville exprime également sa solidarité à la population Haïtienne durement touchée par le séisme meurtrier du 12/01/10  en prêtant une salle pour le « concert pour Haïti » organisé demain 24/01 à 16h à la Halle aux Toiles par l’Orchestre de Chambre de Normandie et en lançant un appel aux dons relayé sur le site Internet de la ville.
Association « Centre Social du Châtelet » :
L’école de la 2ème chance, ne serait-ce pas plutôt le soutien scolaire dispensé au sein de l’Association « Centre Social du Châtelet » qui mériterait cette dénomination ?
Car enfin, tout commence par l’acquisition des bases et si on ne les possède pas, on est exclu des études donc marginalisé sur le plan professionnel.
L’énergie et les sommes futures qui ne manqueront pas d’être dépensées pour ce projet d’école de la 2ème chance ne devraient-elles pas plutôt aller dans les associations comme celle du Châtelet que la ville abandonne ?
35 ans d’existence utile à destination des enfants dans un quartier qui a bien besoin d’être soutenu par des actions sociales, cela mériterait que notre ville consacre un peu de son budget au maintien de cette association et peut-être de sa réorganisation. L’APMAR qui œuvre dans la même activité est située à la Grand Mare et ne peut absorber tous les adhérents de l’association mise en liquidation judiciaire. Les actions en direction de l’enfance relèvent des compétences de la ville, je ne l’apprends à personne. On ne peut pas liquider cette activité alors que l’on va construire une halle sur la même place. Mettre le marché à l’abri de la pluie occasionnelle une matinée par semaine est-il plus important que l’éducation des enfants du Châtelet ?
ARAPA (Association  Rouennaise d’Aide aux Personnes Agées)
Cette association, la 1ère qui ait été créée à Rouen pour l’aide à domicile, a plus de 50 ans d’existence, et s’occupe certes de personnes qui bénéficient de l’APA (Aide Personnalisée à l’Autonomie qui inclut également le handicap mental), allocation attribuée par le Conseil Général, mais pas seulement. En effet, 30% des personnes prises en charge par l’association n’en bénéficient pas. Ces soins ne sont pas seulement du ménage, loin s’en faut, c’est aussi le soin physique et surtout moral de la personne. L’association crée donc du lien social et parfois le dialogue et la présence représentent la part la plus importante de la prestation, qui n’est alors pas concernée par l’APA. La municipalité a dit qu’elle souhaitait favoriser le maintien à domicile des personnes âgées : une subvention à l’ARAPA pour l’aider à maintenir son degré de qualité de service, dans le cadre de ses valeurs de Solidarité et de Respect, et pour l’aider à maintenir ses quelque 350 emplois, ce qui n’est pas négligeable à l’heure actuelle, irait dans le sens d’une politique de la ville solidaire comme elle le souhaite, mais ce n’est pas son choix.
Concernant les associations sportives
Je constate que les subventions sont fort nombreuses, ceci signifie que les Rouennais sont sportifs et c’est tant mieux. Cependant, je regrette que d’autres associations  ne bénéficient pas ou pas davantage de subventions, surtout lorsque je vois le SPOR qui reçoit 298.000€, soit 4% du budget total attribué, alors que le FCR ne reçoit quant à lui que 175.400€ sur 2010 pour un sport qui est plus populaire en France. Un rééquilibrage me paraîtrait juste.
Â